Tim Burton est un réalisateur qui suscite toujours la curiosité, à chaque nouveau film du monsieur, nous sommes un grand nombre à vouloir (ou espérer) se plonger à nouveau dans son univers. Son retour au fantastique était assez réussi avec Frankenweenie en 2013, puis après un aparté sur l’histoire vraie de Margaret et Walter Keaneen 2014 avec Big Eyes, Tim Burton adapte cette année le roman à succès de Ransom Riggs.: Miss Peregrine.

Mais qu’essaye de faire Burton avec ce film ? Cette question ne trouvera pas cette réponse dans cette critique. Il est en effet difficile d’écrire quelque chose sur une oeuvre aussi décousue. Que ce soit au niveau de la réalisation, de l’écriture ou encore des acteurs. Quelques idées sont très bonnes, mais totalement éclipsées par de très mauvais choix. En détail :

L’histoire

Après une transition horrible entre le générique d’intro (très bas de gamme) et le premier plan du film (je dois avouer que je suis incapable de savoir si c’est un problème durant la projection ou si c’est vraiment voulu), le personnage principal (Jacob) est présenté… Il range des couches pour adulte dans un supermarché. Oui, c’est ce héros auquel vous allez devoir essayer de vous attacher.

Il termine donc sa journée et se rend chez son grand-père : ce dernier n’est plus chez lui, le gamin cours donc dans la forêt proche de la maison et retrouve son papi allongé sur le sol, les yeux blancs, sans vie, avec un immense monstre juste en face.

Le lendemain, il en parle à sa psychologue et explique que son grand-père aurait grandi dans un pensionnat, entouré d’enfants ayant des capacités particulières. La psychologue conseil à Jacob de se rendre là bas pour y faire le deuil de son grand-père et peut être y découvrir son véritable passé. Une fois sur place avec son père, il se rend à l’orphelinat, totalement détruit durant la guerre et rencontre plusieurs enfants, ceux des photos de son grand père ! Il va donc comprendre que ces enfants vivent dans une boucle temporelle maintenue par Miss Pérégrine. Ils revivent la même journée chaque jour, juste avant la destruction de l’orphelinat et ne grandissent pas. Il va donc apprendre à les connaître et les aider à combattre les antagonistes du film : Les Hollow, dirigés par Barron (Samuel L. Jackson).

La meuf souffle de l'air dans le bateau pour qu'il flotte de nouveau... Malin le lynx !

La meuf souffle de l’air dans le bateau pour qu’il flotte de nouveau… Malin le lynx !

La réalisation

C’est une catastrophe : Certains plans peuvent être vraiment efficaces (sans non plus être très recherchés) et d’autres sont carrément dégueulasses. Tim Burton n’est pas un immense metteur en scène, certes, mais il arrive, parfois, à faire vivre son univers grâce à une photographie particulière, c’est le cas de Sleepy Hollow par exemple, ou Edward. Ici, aucun plan n’est travaillé pour être un peu joli, on est dans l’efficacité et rien d’autre. Dommage pour un film fantastique. Je ne parlerai pas des effets spéciaux au rabai pour certaines scènes. Celle des squelettes est assez loufoque et efficace, mais certaines transitions ou effets sont totalement ratés, comme si le budget du film était passé dans le salaire des acteurs et qu’il fallait économiser le budget de l’image.

Les acteurs

J’adore Eva Green, elle est sublime dans Penny Dreadful, c’est une actrice incroyable… Mais pas dans ce film. Son jeu est totalement poussé à l’extrême, c’est très dérangeant pour certains dialogues. Les enfants font leur travail, sans être extraordinaires non plus. Le petit écureuil de la bande annonce est vraiment bon par contre.

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La vraie Eva Green a disparu le 19 juin 2016 durant le final de Penny Dreadful. Si vous retrouvez cette personne, contactez notre équipe.

La conclusion

Vous l’aurez compris, on n’a pas trop aimé ce film. On ne comprend pas ou veut nous mener Tim Burton, il essaye de fournir une sorte de Best Of de ses capacités dans le domaine du fantastique. On pensait qu’il serait difficile de faire pire qu’Alice. Effectivement, ce n’est pas forcément pire, mais pas forcément mieux non plus. On rigole, il y a quelques moments sympathiques, mais c’est vraiment passable, de plus, avec tous les pouvoirs des personnages, c’est un bordel sans nom. Le film est incapable d’utiliser toutes ces capacités à bonne escient. On a encore le cliché du personnage qui reste caché tout le long de l’action pour utiliser sa capacité qu’une seule fois en cas de dernier recours. Lourd.

Un film de Tim Burton qui sera très vite oublié, confirmant qu’il est sur une pente bien descendante. Il devrait peut-être tourner avec de nouveaux acteurs pour retrouver l’inspiration. Comme Jonny Depp ? (OK, facile celle-la)

Miss Pérégrine et les enfants particuliers, de Tim Burton, en salle le 5 octobre 2016